Anthropologie de l’écrit

Jack Goody et l’empire de la littératie

Une leçon en anthropologie de l’écrit

Canal Socio

Jack Goody parle de l’écriture pour souligner tout d’abord qu’il s’agit à ses yeux de l’invention la plus importante dans l’histoire de l’Humanité. Mais d’où provient cette puissance performative, cette force qui crée un monde sur le papier et qui s’impose de plus en plus à (en) nous ? D’un système de signes dont l’efficace repose sur le principe sémiotique de la substitution : mettre des signes écrits à la place d’objets ou d’idées au point de présenter et de représenter les comptes et les codes d’une cité, les flux des personnes et des biens, les imaginaires d’une culture, le monde magico-religieux, etc. Il souligne également des propriétés tout aussi importantes : le pouvoir de cumulation et de réflexivité des systèmes d’écriture, quels qu’ils soient.
Mais il ne s’agit pas pour autant de soutenir l’idée d’un « Grand partage » qui lierait l’écriture à une pure raison graphique et l’oralité, en quelque façon, au monde primitif des affects. L’oralité a sa raison propre.
Il reste que de l’écriture monumentale aux communications numériques, la diversification des usages et des compétences a été d’une ampleur considérable. On peut même dire qu’aujourd’hui les productions de l’écrit sont, au sens propre, illimitées.

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