Archéologie des migrations

Zoom:Fouille archeologique préventive, Institut National de Recherches Archéologiques Préventives

Archéologie des migrations

Colloque international organisé par l’Institut national de recherches archéologiques préventives, en partenariat avec le Musée national de l’histoire de l’immigration, les 12 et 13 novembre 2015 au Musée national de l’histoire de l’immigration.

Programme

Depuis le milieu du XIXème siècle, les migrations internationales se sont considérablement accrues. Aujourd’hui, elles sont plus que jamais sur le devant de la scène, constituant un enjeu pour nos sociétés contemporaines. Pourtant, l’’histoire montre que les mouvements de population ne sont pas seulement imputables à notre époque moderne, celle de l’industrialisation et des grandes vagues migratoires, mais bien à l’humanité tout entière depuis qu’elle a commencé son expansion en sortant d’Afrique. Simplement, ses logiques ont évolué au cours du temps, révélant de multiples formes : internes ou externes, libres ou forcées, elles aboutissent à des situations diverses telles que colonisation, diaspora, métissage ou ségrégation, intégration ou rejet.

Les migrations constituent un objet de recherche qui a alimenté de très nombreux travaux et une réflexion théorique riche et plurielle dans le domaine de l’économie, de la sociologie, de l’histoire ou de l’ethnologie. La migration est également depuis longtemps un sujet majeur en archéologie. Si la question n’est pas seulement de trouver des preuves tangibles et matérielles des migrations, bien que cela fasse partie du questionnement, les recherches s’attachent également à l’exploration de la diversité et de la complexité de la mobilité des populations humaines dans le passé, à la fois récent et lointain. Il s’agit donc de renouveler le débat en portant l’accent sur l’histoire des connexions, des hybridations, des métissages qui s’opèrent entre les cultures, les communautés et pour lesquels les différences culturelles étaient telles qu’elles s’apparentaient à des impossibles. En cela, l’archéologie contribue à renouveler les regards sur les nombreuses dimensions de ces grands processus, tout en pointant les interprétations idéologiques liées à ces problématiques.

Confrontant données archéologiques, historiques, géographiques ou démographiques à différents temps et différents lieux, l’ambition de ce colloque est de regarder bien au-delà de la simple observation des mouvements de population à grande échelle, en abordant les contacts entre les migrants et les sociétés d’accueil.

Accès libre dans la limite des places disponibles. Réservation en ligne prochainement disponible.

Jeudi 12 novembre 2015

09h00

Ouverture

par Dominique Garcia, président de l’Inrap, et Benjamin Stora, président du Conseil d’orientation du musée national de l’histoire de l’immigration

09h30

Introduction méthodologie

« Les typologies des migrants », Hervé le Bras , INED-EHESS

« La construction des théories des migrations », Jean-Paul Demoule, université de Paris 1 Panthéon Sorbonne

« Le peuplement de l’Europe vu par la paléogénomique », Eva-Maria Geigl, Institut Jacques Monod CNRS

I – Les migrations préhistoriques (Paléolithique et néolithique)

Les migrations sont indissociables du comportement du genre homo. Elles expliquent que cette branche des primates ait pu, en deux principales sorties successives d’Afrique, prendre progressivement le contrôle de la planète et éliminer ce faisant un grand nombre d’espèces vivantes. La domestication des animaux et des plantes, par le boom démographique continu qu’elle provoqua, accéléra encore ce processus. Cette session fera le point sur l’état des questions concernant cette première période de l’histoire humaine.

Président de séance : Jean-Paul Demoule

11h00 – 13h00

« Homo, le grand singe migrateur »
par Pascal Picq, Collège de France

« Migrations et préhistoire de l’humanité »
par Peter Bellwood, université nationale d’Australie

« Homo sapiens rencontre Neandertal en Europe »
par Jean-Jacques Hublin, Institut Max Planck  

13h00

Pause

14h00

« La colonisation néolithique de l’Europe tempérée par la culture LBK (5 550 – 4 950 av. J-C.) »
par Jérome Dubouloz, CNRS

II – Migrations et mobilités antiques

La question des migrations dans l’Antiquité a longtemps été traitée comme une étude des formes de colonisation, que l’on assimilait plus ou moins, ou que l’on opposait à l’expansion européenne des temps modernes et contemporains sur les autres continents. Depuis une trentaine d’années, les questionnements se sont renouvelés et ont conduit à de nouveaux paradigmes, qui mettent l’accent sur les mobilités et circulations, éventuellement individuelles, plutôt que sur les déplacements collectifs. Que le phénomène ait concerné des individus ou des groupes plus ou moins massifs, il a marqué les sociétés grecques, romaines et extra-méditerranéennes, dès le 2ème millénaire, en favorisant ici et là la construction d’identités métissées, se différenciant des modèles dits du centre et créant leur propre spécificité. Telles sont les approches que cette session souhaiterait éclairer.

Président de séance : Sophie Bouffier, Centre Camille Jullian-CNRS MMSH

14h30 – 16h15

« La formation de l’entité celtique: migration ou acculturation ? »
par Patrice Brun, université Paris I Panthéon Sorbonne

« Les étrusques: quelles origines ? »
par Vincenzo Bellelli, Conseil national de la recherche d’Italie (CNR)

« La construction d’identités diasporiques dans la vie quotidienne : cultures matérielles, pratiques et mémoires au sein des communautés phéniciennes occidentales »
par Ana Delgado, université Pompeu Fabra de Barcelone

16h15

Pause

16h45 – 18h00

« Le contrôle de la mobilité des personnes dans l’Empire romain »,
par Claudia Moatti, université de Californie du Sud

« Migration Lapita, populations austronésiennes et premier peuplement de l’Océanie lointaine »
par Christophe Sand, Institut d’archéologie de la Nouvelle-Calédonie et du Pacifique

« L’Expansion Bantu : Nouvelle Synthèses »
par Augustin F. C. Holl, Université Paris-Ouest Nanterre la Défense et Xiamem University R.P. Chine

Vendredi 13 novembre 2015

III – Les migrations aux époques médiévales et modernes

Les questions autour des migrations ont longtemps participé aux grands paradigmes de l’archéologie médiévale. Un réexamen critique des sources archéologiques, anthropologiques mais aussi de sources écrites et linguistiques, permet aujourd’hui de renouveler le débat et d’en éclairer certains points. Mis en perspective sur la longue durée, de nouveaux scenarii autour des peuples en mouvement, mettent en lumière des processus de transformations tant dans les aspects culturels, que politiques, économiques ou religieux.
La discrétion de certains vestiges archéologiques invite cependant à s’interroger sur la forme des événements et les limites des sources. Cette session fera donc le point sur les nouvelles théories et interprétations, mais également sur les approches méthodologiques de la question, pour les périodes médiévales et modernes.

Président de séance : Isabelle Catteddu , Inrap

9h00 – 10h45

« Les « grandes invasions » : sources, méthodes et idéologie »
par Bruno Dumézil, université Paris-Ouest Nanterre

« Les migrations barbares et leur traces archéologiques : l’exemple du Sud-Ouest de la Gaule au Ve siècle »
par Jean-Luc Boudartchouk, Inrap

« L’immigration scandinave sur le continent au Xe siècle : un invisible archéologique »
par Vincent Carpentier, Inrap

10h45

Pause

11h15 – 13h00

« Présences, expulsions et reconstitutions de communautés juives en France »
par Paul Salmona, Musée d’art et d’histoire du judaïsme

« La présence arabo-musulmane en Languedoc et Provence à l’époque médiévale »
par Marc Terrisse, Centre de Recherches Historiques de l’Ouest, CNRS

« S’affranchir ou s’enraciner ? : le droit de la migration des colonies français à la métropole à l’époque de l’esclavage »
par Sue Peabody, université à Vancouver

13h00

Pause

IV – Les migrations contemporaines

La migration recouvre une grande variété de situations, temporaires ou définitives, individuelles ou groupées, d’un quartier urbain à un autre ou d’un continent à un autre, libres ou forcées, régulières ou irrégulières. Les traces écrites et plus encore matérielles qu’elles laissent sont presque inexistantes dans les contrées d’origine, rares dans les lieux de passage et de contrôle, diverses et surtout fragiles dans les lieux d’arrivée. Même dans ce dernier cas, une situation irrégulière ou une volonté d’acculturation peuvent conduire à les effacer. Cependant, quand elles sont organisées par des Etats ou des firmes privées ou quand des communautés de même origine se maintiennent, il est possible d’en restituer des traces archéologiques comme le montreront les communications de cette session.

Président de séance : Hervé le Bras

14h00 – 15h45

« Sociétés à pattes et sociétés à racines : une géohistoire des mobilités dans l’Ancien Monde »
par Christian Grataloup, Sciences Po Paris

« De l’Afrique aux Amériques : archéologie de l’esclavage translatlantique et de la diaspora africaine »
par Theresa Singleton, université de Syracuse

« Le cimetière « italien » du quartier des Crottes à Marseille : entre intégration et rejet »
par Anne Richier et Nicolas Weydert, Inrap

15h45

Pause

16h15 – 18h30

« Une archéologie de « l’engagisme » : histoire, société et culture des travailleurs contractuels et de leurs descendants à l’île Maurice »
par Krish Seetah, université de Stanford

« Cultures en contact : migrations mondiales pendant le second millénaire »
par Dirk Hoerder, université d’Arizona

Conclusions :
« Quelle archéologie des migrations aujourd’hui ? »

Avec Jean-Paul Demoule, Hervé le Bras, et Philippe Joutard, Conseil d’orientation du Musée national de l’histoire de l’immigration

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